« La science des rêves » est un doux glissement onirique entre réalité et songes. Le nouveau film de Michel Gondry, porté par un duo d’acteurs remarquables (Charlotte Gainsbourg et Gaël Garcia Bernal) nous promène dans la vie de Stéphane. Ce jeune plasticien et inventeur de machines improbables (la machine à remonter le temps d’une seconde) souffre d’une distorsion entre ses rêves et sa réalité.
La vie de ce doux rêveur bascule, le jour où il rencontre Stéphanie sa nouvelle voisine de pallier. Mais l’amour qui naîtra entre ses deux exclus de l’existence ne dépassera jamais le stade du non-dit, de la frustration et des douleurs qu’il génère.
La force du film réside dans le choix du réalisateur de nous narrer l’impossible romance. Comment la névrose, le manque de confiance en soi et en l’autre bloque les êtres humains. La vie rêvée des anges, se transforme en la vie rêvée dérange.
Ce film démontre que Michel Gondry possède l’un des univers les plus étranges du cinéma actuel. Il semble coincé dans un chronoscaphe qui circulerait entre les films de Méliès et ceux de Tim Burton. Et ce réalisateur français connu dans le monde entier pour ses clips incroyables pour Björk ou les Whites Stripes confirme après « Eternal sunshine… » qu’il est devenu le cinéaste qu’il rêvait d’être.

Ensuite, si la mise en scène a été laissé à un petit besogneux hollywoodien, les scènes d'action reviennent en force et avec beaucoup de conviction. On est de retour dans un film et non dans un téléfilm de la ZDF.
La performance de Léonardo DiCaprio est une nouvelle fois gigantesque. L'acteur a depuis longtemps dépassé son statut de belle gueule, pour devenir l'une des figures de proue du cinéma d'Hollywood. Ce véritable caméléon (on se souvient "D'arrête-moi si tu peux" ; "Gangs of New-York" ; "Aviator") est l'acteur le plus crédible dans le vieillissement de ses personnages. Il est capable de passer du jeune homme fringant, à l'homme mûr sûr de sa force. Et cela sans une goutte de souffrance visible à l'écran.