Ciné

Mardi 5 septembre 2006 2 05 /09 /2006 18:54

« La science des rêves » est un doux glissement onirique entre réalité et songes. Le nouveau film de Michel Gondry, porté par un duo d’acteurs remarquables (Charlotte Gainsbourg et Gaël Garcia Bernal) nous promène dans la vie de Stéphane. Ce jeune plasticien et inventeur de machines improbables (la machine à remonter le temps d’une seconde) souffre d’une distorsion entre ses rêves et sa réalité.


La vie de ce doux rêveur bascule, le jour où il rencontre Stéphanie sa nouvelle voisine de pallier. Mais l’amour qui naîtra entre ses deux exclus de l’existence ne dépassera jamais le stade du non-dit, de la frustration et des douleurs qu’il génère.

La force du film réside dans le choix du réalisateur de nous narrer l’impossible romance. Comment la névrose, le manque de confiance en soi et en l’autre bloque les êtres humains. La vie rêvée des anges, se transforme en la vie rêvée dérange.

Ce film démontre que Michel Gondry possède l’un des univers les plus étranges du cinéma actuel. Il semble coincé dans un chronoscaphe qui circulerait entre les films de Méliès et ceux de Tim Burton. Et ce réalisateur français connu dans le monde entier pour ses clips incroyables pour Björk ou les Whites Stripes confirme après « Eternal sunshine… » qu’il est devenu le cinéaste qu’il rêvait d’être.

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Mardi 12 septembre 2006 2 12 /09 /2006 19:13

L’œuvre de Miyazaki est distribuée dans les cinémas français avec des contretemps qui montrent à quel point l’image de l’animation japonaise a évolué ces 10 dernières années, mais aussi notre inculture complète de ce genre majeur. Nausicaa est le second film du réalisateur, le film est de 1984, il est diffusé en France en 2006 (Va comprendre Charles).


Si techniquement le film est daté, la puissance du numérique n’était encore qu’un fol espoir, l’histoire, elle, est l’une des plus troublante que Miyazaki nous ait jamais narré. Nausicaa, jeune princesse d’une région perdue d’une terre dévastée, va combattre les humains qui souhaitent détruire un forêt toxique création et source de tous les malheurs de notre espèce. La jeune fille devra démontrer la coexistence entre les hommes et des insectes géants est la seule chance de survie.


Ce film, aussi léger et souple dans sa construction que sa jeune héroïne aux commandes de son Deltaplane, nous transporte dans un univers enchanteur. Miyazaki est un nostalgique du 19eme siècles, un mordant défenseur de la nature, et un doux rêveur fabricant les machines imaginaires les plus belles du cinéma.


Miyazaki a une œuvre tellement plus riche que ces deux succès en France que sont Chihiro et Monoké. Porco Rosso, chef d’œuvre complètement sous-estimé, nous emmène sur des îles de la méditerranée aux couleurs irréelles. Le château dans le ciel, œuvre naturaliste et magique, reste mon film préféré. La scène où la jeune fille tombe d’un ballon dirigeable géant, et fini sa chute au ralenti baignant dans une aura bleue au fin fond d’une mine, est l’un des moments des plus poétique que j’ai vu au cinéma. Kiki la petite sorcière, film initiatique à la douceur intemporelle. La liste est longue et je m’enflamme à chaque fois. Juste un conseil, allez voir tous les films de Miyazaki. Ce réalisateur est l’un des derniers maîtres du cinéma nippon.


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Vendredi 15 septembre 2006 5 15 /09 /2006 21:20

« La fin justifie les moyens », comme le prétend le proverbe. Mais les producteurs de ce film, avaient-ils tellement de moyens pour nous donner à la fin un film aussi mauvais (car médiocre voudrait dire que je l’ai trouvé moyen).


Avec Mister Seb, nous avons pris l’habitude de traquer les nanars (Furtif, Elektra, Scooby-Doo 2, pour citer le trio de tête de ces dernières années). Et « Des serpents dans l’avion » montre que la culture du navet n’est pas sur le déclin.


En effet, les producteurs de ce film ont choisi de prendre des idées trouvées sur les forums Internet sur le cinéma pour écrire le scénario. Ils ont laissé un script, et aux internautes de s’amuser. Bonne nouvelle, un scénariste nul n’a pas plus d’idées que 50 internautes mal inspirés. Mauvaise nouvelle, un scénariste nul avec 50 mauvaises idées, écrira un scénario nul.


Vous êtes dispensé du visionnage de ce film, que ce soit au ciné, en DVD, évitez aussi le Divx ce serait une perte de temps de connexion. Et si vous n’écoutez pas ce conseil, ne venez pas me dire que je ne vous ai pas prévenu.

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Dimanche 24 septembre 2006 7 24 /09 /2006 15:39
"Thank you for smoking" petit film indépendant US qui manque de souffle à force de prendre les spectateurs pour des cigares.

L'idée de départ est intéressante, placer le propos de la lutte anti-tabac (au States) du point de vue d'un lobbyiste des compagnies du tabac. Malheureusement, la mise en scène maniérée, les trucages sans intérêt, la moral finale font de ce film un divertissement seulement plaisant.
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Mercredi 18 octobre 2006 3 18 /10 /2006 21:50
Al Gore est un politique comme je les aime. Il est droit, honnête, il se bat pour ses idées depuis des années. Ce n'est pas un opportuniste surfant sur les faits divers du moment. Il est capable d'appliquer une politique économique libérale et d'inspirer sa politique sociale de principes et de méthodes de gauche (Upton Sinclair est cité par exemple dans le film). Il s'approprie les bonnes idées sans renier ses actes.

Le film "une vérité qui dérange" est la conférence que tient Al Gore sur le réchauffement planétaire. La démonstration est remarquable, brillante, menée de main de maître. Les faits sont implacables, les conclusions sont effrayantes. Les diapositives qui défilent sur l'écran de sa présentation, montrent à quel point les actions de l'homme sont destructives pour notre Terre.

Bien sûr, on peut reprocher à Al Gore qu'il ne soumet aucune critique à sa démonstration, mais n'oublions que son exposé s'adresse à un public américain. Et il faut avouer qu'ils leur restent une conscience à acquérir.

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Mardi 31 octobre 2006 2 31 /10 /2006 19:16
Un film de guerre américain racontant l'histoire de la prise par des marines d'une ile japonaise pendant la seconde guerre mondiale pouvait inspirer le pire.

Mais entre les mains de ce vieux Clint Eastwood, on a droit à l'une des plus belles surprises de l'année cinéma. Si les scènes de combat remplissent leur fonction, en jouant sur le plus en plus spectaculaire. La force du film est ailleurs.

Eastwood démonte un à un les rouages de la propagande militaire. Son film raconte l'histoire d'une photo montrant 6 soldats plantant la bannière étoilée au point culminant de l'ile. Cette photo et la campagne de communication qui suivit permis aux américains de lever des fonds importants pour continuer la guerre.

Eastwood en profite aussi pour asséner quelques bonnes droites à son pays. Un des soldats de la photo est d'origine indienne, il revient comme un héros au pays mais se fait chasser d'un bar qui ne sert pas les indiens.

Eastwood traite ce sujet avec une humanité remarquable. Il dirige ses acteurs avec la force habituelle et remplit son film de contres-pieds (la scène finale par exemple) qui en font un chef d'oeuvre.
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Mercredi 22 novembre 2006 3 22 /11 /2006 20:37

La prestidigitation est un art compliqué car même si vous démonter le tour, il vous faut plus que la manipulation pour le réussir. La science, elle est complexe car partant d’un résultat vous n’avez pas toujours la possibilité de revenir à l’origine de ce dernier. De ce constat, Christopher Nolan a construit l’un des meilleurs films de ces derniers mois.


« Le prestige » raconte l’histoire de deux magiciens qui dans une quête au tour ultime s’affronteront dans une rivalité sans limite. Le film commence par une explication docte faite par Mickaël Cain de la construction d’un tour de magie. Un tour comprend trois actes, « la promesse » attire le spectateur en détournant son attention, pendant « le tour » le spectateur ne peut croire ce qu’il voit (femme coupée en deux), enfin « le prestige » où tout revient à la normale.


La force du film de Nolan est dans sa science de montrer les tours, leur conception, leur réalisation, la stupeur des spectateurs sans pour autant utiliser les trucs et astuces du cinéma numérique actuelle. Si le cinéma est magique, la réalisation du film est tout ce qui a de plus traditionnelle. Lorsque le film deviendra fantastique alors les effets visuels seront de retour dans le film. Ces choix de mise en scène donne une grande cohérence au film, et le suspens monte petit à petit.


Si le choix du Londres des années victoriennes donne une atmosphère de roman à la HG Wells ; la réalisation, les thèmes abordés (le double, retrouver un être aimé perdu chez le nouvel être aimé, la tromperie) sont eux très inspirés par Hitchcock. La distribution est remarquable, et chaque acteur contribue au succès du film (Troisième film en trois semaines avec Scarlett Johansson, il va falloir que je me calme). Il faut aussi noter la performance de David Bowie, en scientifique slave installé dans les montagnes du Colorado. Ses apparitions dans le film sont aussi rares que troublantes (Et soyez attentifs aux 10 premières secondes du film, car Bowie est la clef de voûte de l’histoire).


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Jeudi 30 novembre 2006 4 30 /11 /2006 19:28
Dans les aventures de James Bond écrites par Ian Fleming, "Espions faites vos jeux" titre du roman dont est tiré "Casino Royal" a une place particulière car c'est le premier opus.

L'origine de ce personnage de la mythologie du cinéma vient de ce roman, son double 00, son attitude envers la gente féminine, c'est la mise en place de la vision britannique de l'espion, c'est la création d'un style. Et le roman a été écrit en 1953.

Le film sorti ces dernières semaines, réussit le pari (perdu depuis de nombreux épisodes) de retrouver l'âme de Fleming.

D'abord, le choix de l'acteur, très longtemps critiqué, est remarquable. Daniel Craig a la prestance de ces bads guys anglais, capable de se transformer par le simple fait de porter un smoking en gentleman d'Oxford (fini les bel âtre sans saveur comme Pierce Brosnan, les erreurs de casting à la Thimoty Dalton, ou les seventies low-tech à la Roger Moore, on se rapproche enfin du parfait Sean Connery).

Ensuite, si la mise en scène a été laissé à un petit besogneux hollywoodien, les scènes d'action reviennent en force et avec beaucoup de conviction. On est  de retour dans un film et non dans un téléfilm de la ZDF.

Enfin, les ingrédients à l'ancienne sont toujours présents, mais ne sont plus détournés en ridicule. La fille est splendide, vénéneuse, insaisissable. Les gadgets n'ont plus besoin d'un démonstrateur de foire pour trouver leur utilité le moment venu. Bond voyage de nouveau beaucoup et va dans les endroits les plus merveilleux qu'il soit. Et les amoureux de belles voitures britanniques auront une surprise de taille.

Ce James Bond est un très bon cru. Car il revient aux fondamentaux du genre, ce qui faisait le charme des premiers. Mais comme tout film de ce genre, il faut le consommer avec modération sous peine de gueule de bois.

 
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Mardi 19 décembre 2006 2 19 /12 /2006 19:42
Le film de Scorsese est l'un des meilleurs que j'ai vu cette année. Inspiré d'un film hongkongais, infrenal affairs, le film reprend la même trame et s'appuie sur un scénario très solide et bien huilé.

Mais le grand intérêt de ce film repose sur une distribution remarquable qui donne à celui-ci une force rarement vue dans le cinéma américain ces dernières années. La performance de Léonardo DiCaprio est une nouvelle fois gigantesque. L'acteur a depuis longtemps dépassé son statut de belle gueule, pour devenir l'une des figures de proue du cinéma d'Hollywood. Ce véritable caméléon (on se souvient "D'arrête-moi si tu peux" ; "Gangs of New-York" ; "Aviator") est l'acteur le plus crédible dans le vieillissement de ses personnages. Il est capable de passer du jeune homme fringant, à l'homme mûr sûr de sa force. Et cela sans une goutte de souffrance visible à l'écran.
La performance de Leo dans "les infiltrés" est d'une force indicible. Il est la pierre de voute et la pierre angulaire du film. La faiblesse, les doutes, le charme, la crainte, chacune des émotions est sublimées par le blondinet. Espérons que l'académie des Oscars se réveille enfin pour offrir la statuette qu'il mérite tant.

On ne peut oublier le toujours parfait Matt Damon, la légende Jack Nicholson qui eux aussi réussissent une très belle performance.

Martin Scorsese est revenu à ses premières amours, les films de gangsters. Il a trouvé de nouveau un acteur fétiche pour se remettre de sa rupture avec bob DeNiro. Son dernier film "les infiltrés" est d'une efficacité incroyable, et il prouve avec cette oeuvre toute la vitalité de son cinéma.

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Mercredi 27 décembre 2006 3 27 /12 /2006 22:49

Pour ceux d’entre vous qui ont déjà-vu « Déjà-vu », vous pouvez vous demander ce que je vais bien pouvoir dire de bien sur ce grand moment de cinéma qu’est « Déjà-vu ».


Sébastien, avec qui j’ai vu le film, m’a demandé que je fasse un résumé pour Valérie de « Déjà-vu ». Bon, je me lance.


La Nouvelle-Orléans, l’après Katrina, les très rares survols de la ville dévastée sont le seul intérêt du film. Un ferry, qui traverse le Mississippi, explose, plus de 500 victimes. C’est un attentat. Un policier (Denzel Washington) des bureaux des taxes, alcools et explosifs commence son enquête. On comprend tout de suite que c’est le plus fort, c’est le seul à trouver des indices. Le FBI lui demande d’intégrer une brigade secrète. Dans cette brigade, on lui montre qu’on peut voir le passé (dans la limite de 4 jours) de tout le monde sur des écrans d’ordinateurs grâce à des caméras de vidéo-surveillance et des satellites.


Le policier continue son enquête, et suit la piste d’une jolie fille morte dans le fleuve. Il surveille son passé grâce aux ordinateurs de sa nouvelle brigade. Il la voit prendre une douche, elle est belle, il tombe amoureux (cela se voit à une coulée de bave à la commissure de ses lèvres).


Mais, le policier est super intelligent, il comprend en fait qu’il ne voit pas à travers les écrans des images du passé, mais le passé en direct (alors là, ça nous la coupe).


Après c’est le délire le plus complet, course poursuite avec 4 jours de décalage, collègue du policier tué par une intervention du futur dans le passé, arrestation du terroriste qui dit au policier de connaître son destin, envoi du policier dans le passé (la scène de l’hôpital est le summum du ridicule) pour stopper le terroriste avant qu’il ne fasse exploser le bateau et tue la fille. Et le pire, c’est qu’il fait tout ça sans problème en mourant à la fin pour que son lui qui vit avec moins 4 jours emballe la fille.


Valérie, j’espère avoir été clair. Tout ceux qui liront cela, si vous avez trouvé un quelconque intérêt à ce film laissez un commentaire, car c’est pour moi le pire film que j’ai vu de l’année 2006.

Par Reivilo - Publié dans : Ciné
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