Ciné

Dimanche 31 décembre 2006 7 31 /12 /2006 13:31
Paprika, le dernier film de Satoshi Kon est la très bonne surprise de cette fin d'année.

Cet anime est une véritable réussite narrative, visuelle, de rythme, de mise en scène et de scénario. Paprika nous balade dans un monde partagé entre rêve et réalité. Le plus impressionnant est la vituosité avec laquelle Satoshi Kon nous transporte pendant les 90 minutes de son film. Bien sûr, les dessins et les couleurs n'ont ni la maestria, ni la brillance, ni l'inventivité d'un Miyasaki.

Mais dans nos contrées si lointaines du pays du soleil levant ne boudons pas notre plaisir de voir de si bons films d'animation à des kilomètres des oeuvres occidentales bourrées de 3D en vomir.

Paprika est l'un des films de l'année, comme l'aurait dû l'être, il y a quelque temps, "Actress Millenium" si les distributeurs français avait un peu d'estomac.
 
 
Par Reivilo - Publié dans : Ciné
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Lundi 1 janvier 2007 1 01 /01 /2007 21:29
2006 est passée, et c'est le moment de vous livrer les films que j'ai préférés cette année là.
Sur les 61 films que j'ai vu dans les salles obscures durant les 12 derniers mois, plus de la moitié étaient américains (32), ensuite on trouve dans l'ordre 17 films français, 3 anglais, 2 japonnais, et une unité pour les coréens, les espagnols, les australiens, les africains du sud, les canadiens, les italiens et les chinois.

MON TOP 10

Je sais cela fait super présomptueux, mais c'est seulement les films qui m'ont donnés le plus de plaisir en tant que spectateur, en me surprenant avec leur scénario, leur mise en scène et leurs images.


1 - Les infiltrés (Martin Scorsese) vu le 15/12


Film remarquable, Scorsese retrouve la rigueur narrative qui lui manquait tant depuis des années et permet de faire de Leonardo Di Caprio la légende en marche du nouvel Hollywood.



2 - Le Nouveau Monde (Terrence Malick) vu le 19/2


Le chef d'oeuvre poétique de l'année, l'histoire de Poca Hontas magnifiée par un réalisateur qui est à 4 films en 30 ans de carrière. Et celui-ci est taillé pour faire partie de la légende





3 - Munich (steven Spielberg) vu le 09/2

Un film sans concession, d'un réalisateur connu pour son goût des histoires convenues, Spielberg prouve que son cinéma peut être adulte et coller à la réalité de notre monde.





4 - Miami Vice (Michael Mann) vu le 17/08

Le plus beau film d'amour de l'année écoulée, une romance incroyable foudroie ce polar urbain, où aucun plan ne dépasse les 10 secondes. Un film sous amphet pour le plaisir des grands enfants que nous sommes.




5 - Mémoires de nos pères (Clint Eastwood) vu le 27/10


Film sur l'exploitation de la guerre par un gouvernement à la recherche d'une crédibilité perdue. Mémoires de nos pères n'est pas le plus grand Eastwood, mais c'est certainement le plus lucide. C'est dire qu'il se situe largement au dessus de la mêlée de tous les films traitant de la seconde guerre.


6 - Le secret de Brokeback Mountain (Ang Lee) vu le 29/1

Le scandale de ce film n'ayant ébranlé qu'Hollywood, partout ailleurs, les spectateurs ont pu assisté à l'une des plus belles romances de cette année. Une distribution remarquable et une mise en scène éblouissante






7 - Good night, and good luck (George Clooney) vu le 13/1

Le second film de Clooney en tant que réalisateur démontre que cet homme n'est pas uniquement le belâtre de film de Steven Soderbergh, mais un véritable cinéaste capable de vous captiver par un huis-clos en noir et blanc à la tenue irréprochable.






8 - La Science des rêves (Michel Gondry) vu le 30/8


Le cinéma de Gondry devient meilleur film après film. La science des rêves est une douce mécanique où l'on voyage dans le monde merveilleux du rêve. La performance de Charlotte Gainsbourg est remarquable.





9 - Paprika (Satoshi Kon) vu le 29/12

J'en ai parlé il y a peu, donc pas plus de commentaires.







10 - OSS 117 (Michel Hazanavicius) vu le 30/04

La comédie française la plus drôle de l'année
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Vendredi 16 février 2007 5 16 /02 /2007 19:17

Le dernier film de Sylvester Stalone est une pure merveille. Bercé dans une ambiance de fin de règne, Rocky est un homme vieillissant qui n’existe plus que par ses souvenirs et qui baigne dans une mélancolie emplie d’une tristesse combattue à chaque instant.


La force de « Rocky Balboa » est de nous transporter dans les régions les plus reculées de l’après célébrité. Rocky n’a pas de problème d’argent. Propriétaire d’un petit restaurant, il aide des anciens boxeurs dans la panade. Il est l’homme droit dont l’Amérique est friande depuis toujours. Celui qui est capable de relever des challenges incroyables et de rester un homme humble.


Maintenant que les contraintes de réussite économique n’ont plus de prise sur lui, Sylvester Stalone prouve qu’en tant qu’auteur libre de ses choix, il est le digne héritier d’un certain cinéma classique américain.


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Mercredi 7 mars 2007 3 07 /03 /2007 20:37
Un film qui gagne le César du meilleur film et qui a été vu par 200 000 personnes est tout de suite qualifié de film d'auteur. Et la version du Lady Chatterley, réalisée par Pascale Ferran, n'échappe pas à cette définition.
 
Mais comment faire un film d'auteur en adaptant une oeuvre littéraire qui fut qualifiée d'érotique voire de pornographique lors de sa publication dans la prude Angleterre. Et de même, dans l'histoire cinématographique actuelle, Lady Chatterley n'est vu que par le prisme de films érotiques sans saveur et sans désir.
 
Le film de Ferran est complètement différent, la réalisatrice s'approprie l'oeuvre dans un savant mélange de récit romantique, contemplatif, naturaliste, et de plaisir de chair assouvi.
 
La réalisatrice nous promène dans une campagne magnifique, faites de bois et de champs. Elle nous narre l'ennui d'une jeune femme riche dont le mari infirme de guerre ne peut plus satisfaire les désirs, et qui trouvera l'amour, la tendresse et le plaisir dans les bras d'un homme, garde de chasse de son mari, bourru et aussi mal léché que puisse être un ours.
 
Le réussite de ce film est grandement portée par la performance de son actrice principale. Marina Hands est une Lady Chatterley sublime. Elle est l'une des rares actrices française dont les traits du visage transmettent une émotion permanente sans avoir à afficher une mou boudeuse ou un sourire factice. Pendant tout le film, elle est dans une justesse remarquable et elle porte l'ensemble des scènes du film à elle seule.
 
Même si ce genre de film n'est pas celui qui me transporte le plus (excusez-moi, mais je préfère Scorcese, Eastwood, Cohen, Burton,Tarantino), mais je dois avouer que j'ai pris beaucoup de plaisir (je vous vois sourire bande de petits cochons) à la vision de ce film.
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Vendredi 16 mars 2007 5 16 /03 /2007 08:34
Téchiné réussit avec "les témoins" un film à la sensibilité extraordinaire.

Le film commence par un premier chapitre consacré à un été lumineux baigné de soleil, de mer bleue, d'amour et de sensualité. Un jeune homme Manu (Johan Libéreau) débarque dans un groupe d'amis, présenté aux autres par Adrien (Michel Blanc), ces deux hommes vivent une relation chaste, qu'Adrien souhaiterait plus intense.

Les autres, ce sont Sarah (Emmanuelle Béart) et Mehdi (Sami Bouajila - qui est purement génial dans son rôle de flic). Ce jeune couple vient d'avoir leur premier bébé, et la mère est en plein bébé blues. Au fil des rencontres, une histoire d'amour inattendue naîtra entre Manu et Mehdi. Et l'été passera en douceur et insouciance.

Le second chapitre du film est titré la guerre. Le SIDA apparaît dans le groupe, l'un des quatre y laissera sa vie, les autres verront la leur bouleversée à tout jamais.

Pour avoir vu, au début de mes vingt ans "les roseaux sauvages", j'ai toujours considéré Téchiné comme le cinéaste de la liberté et de la sensibilité, son dernier film en ait une nouvelle fois la preuve. On ne peut qu'apprécier la liberté de ton, de vision, de propos du réalisateur. Mais si il est libre, Téchiné nous parle directement au coeur, avec cette histoire dramatique, ces personnages qui traversent ces épreuves avec toute leur force.

Les témoins est un film dense, grave, mais d'une clarté et d'une envie d'espoir à tout vaincre.
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Mardi 3 avril 2007 2 03 /04 /2007 20:10
Comment être le fils de son père quand ce dernier est le plus grand maitre vivant de son art ? Goro, fils d'Hayao Miyazaki apporte l'une des plus belles réponses à cette question, en réalisant un film à la magie permanente, au respect de la tradition des studios Gibli et en rendant le plus bel hommage qu'il est été fait d'un fils cinéaste à son père cinéaste.

Les contes de Terremer  est une oeuvre sur le passage à l'âge adulte. Thème récurant dans l'oeuvre du père Miyazaki (le chateau dans le ciel, princesse mononoke), l'histoire raconte comment un jeune prince, assassin (?) de son père, est rongé par la peur de vivre. Il trouvera la signification de sa vie en tombant amoureux d'une jeune et belle fermière qui a été abandonnée par ses parents.

Il sera accompagné dans son périple, par un mage très puissant qui lui montre comment leur monde part en déliquescence, et que la vie n'est belle que si elle est vécue pleinement jusqu'à sa fin.

Film oedipien, les contes de Terremer, permet à Goro Miyazaki de montrer son talent, de s'affranchir de la main paternel, et de se positionner comme le successeur naturel à la tête des studios Gibli
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Dimanche 15 avril 2007 7 15 /04 /2007 21:12
Bille august, le réalisateur de "Goodbye Bafana" reste un de mes pires souvenirs de lycéen. Ce cinéaste danois eut l'immense idée de gagner la palme d'or avec "Pelle le conquérant" en 1988. Et nous autres pauvres élèves de premières durent faire notre première critique cinématographique écrite. Je n'ai pas dépassé le 6/20.

Après quelques années d'absence, Bille August revient avec un biopic. "Goodbye Bafana" raconte la relation qui exista entre Mandela et son geôlier pendant ses 27 années de détention.

Si le film évoque au mieux l'Afrique du sud des années 60-70 et 80, si les 3 acteurs principaux sont tous remarquables (Diane Kruger est une nouvelle fois splendide) il échoue dès que la relation entre le prisonnier et son gardien à lieu.

Le film tombe, alors, dans un pathos assez complaisant qui montre que ce gardien n'était qu'un bon gars embarqué dans une spirale trop grande pour lui.

Si vous aimez les évocations, aux décors soignés, aux images impeccables, et à l'interprétation réussi, allez voir ce film.Si vous attendez un petit peu plus (comme moi) vous serez déçu.

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Mardi 1 mai 2007 2 01 /05 /2007 09:57
Très bien, merci est une tragédie traitée comme une comédie. La descende au enfer que vit Alex est incroyable. Ce comptable regarde une descende de police, pour ne pas avoir voulu circuler à l'injonction du fonctionnaire, il est embarqué. Après une nuit au poste, il est hospitalisé, il finira interné dans un asile de fous.

La force de ce film est qu'il n'est pas dans la critique d'un système mais dans le constat de mécanismes sans âme qui détruisent les individus. La mise en scène simple et belle de la réalisatrice donne encore plus de poids à son propos.

Il faut une nouvelle fois noter la performance de Gilbert Melki, la vérité si je mens, ce mec est un de nos plus grands acteurs. Sandrine Kiberlain apporte sa fraicheur habituelle, et les bouffées d'oxygène nécessaires au film.
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Dimanche 20 mai 2007 7 20 /05 /2007 21:19
Le réalisateur Sam Raimi termine sa trilogie de l'homme araignée par un film splendide, aux images irréelles et aux thèmes les plus sombres. Sa mise en scène généreuse offre aux spectateurs que nous sommes l'un des films de super-héros (genre capable de fournir de vrai chef-d'oeuvre, mais aussi les pires bouses) les plus réussis de ces 20 dernières années.

D'abord, lorsque dans le magnifique SpiderMan 2, Raimi réalisait une scène de sauvetage de train à couper le souffle, le réalisateur dans ce troisième opus donne à voir 4 scènes de cette envergure toutes plus difficiles à mettre en scène, les unes que les autres. Et les vingt dernières minutes sont totalement ébouriffantes. L'intensité de ces scènes, leur maitrise technique et visuelle coupent littéralement le souffle à l'ensemble du spectateur.

Dans ce cadre, la scène de création de Sand Man est une pure merveille. Sans parole, uniquement musicale, elle s'attarde pendant plusieurs minutes sur la naissance de ce personnage central dans la quête de rédemption  de l'homme araignée. Et le choix de Raimi de montrer dans cette scène toute sa maitrise technique, renforce comment à la fin du film le héros aura toute la peine du monde pour retirer son costume pollué par le symbiote. Le discours de Raimi traduisant à peu près ceci, si les images de synthèse permettent de donner vie à des images inouïes, elles ne doivent pas tuer l'humain.



Les personnages de Spider Man vieillissent et l'idylle adolescente laisse place à la difficulté d'un amour adulte. Les frustrations (sentimentales, professionnelles), les douleurs et blessures des personnages sont réelles et profondes. Le réalisateur confronte ses personnages a un passage à l'âge adulte aux forceps. On peut regretter cependant une faiblesse scénaristique dans l'introduction et les motivations des personnages secondaires mais l'oeuvre est suffisamment forte pour pardonner ces quelques mauvaises scènes.

Allez voir SpiderMan 3 c'est un film splendide, d'un très grand metteur en scène.



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Lundi 28 mai 2007 1 28 /05 /2007 08:28
Zodiac raconte l'histoire d'un tueur en série qui sema la panique dans la Californie des années 60-70. Ce meurtrier inspira en autre le scénario du premier "Inspecteur Harry". N'ayant pas particulièrement aimé les derniers films de David Fincher (The Game, Panic Room...) je ne m'attendais pas à une telle réussite.

Le réalisateur abandonne pour une fois, les gimmicks visuels, les rebondissements du scénario en guise d'histoire, pour se concentrer sur une narration brillante.

Il divise son film en deux parties. D'abord, l'enquête policière, simple, efficace, avec une belle mise en scène et un suspens réussi. D'ailleurs, la scène d'interrogatoire du principal suspect est l'un des meilleurs moments de cinéma de cette année. Ensuite, on bascule, comme l'enquête de police s'étiole, dans la spirale infernale d'un dessinateur du San Fransisco Chronicles qui deviendra le plus grand spécialiste de cette affaire.

Le rôle tenu par un Jake Gyllenhaal, toujours en grande forme, est une merveille. Ce simple observateur, deviendra par sa proximité avec des acteurs importants de l'affaire, obsédé par celle-ci. Petit à petit, disparaitra l'homme effacé, remplacé par un homme hanté, habité, dévasté puis reconstruit par la recherche du meurtrier. Et le film devient halletant, tourbillonant, créant des pistes, puis les abandonnant sans raison, c'est une tornade remarquable qui s'arrêtera par un simple regard.

Fincher a réussi son meilleur film. Sa mise en scène somptueuse n'est pas abandonnée, mais pour une fois elle est mise à la disposition de l'histoire et non l'inverse.
 
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