Ciné

Lundi 1 octobre 2007 1 01 /10 /2007 22:59
Pour les amoureux de la musique rock de la fin des années 70, le nom de Ian Curtis est un mythe inattaquable. Le charismatique chanteur du groupe « Joy Division » bénéficie 27 ans après sa mort, d’une aura noire encore très présente.


Ian Curtis est mort jeune, 23 ans. Il s’est suicidé au moment où son groupe connaissait un début de gloire. Ses textes étaient souvent très sombre, comme pouvait l’être l’Angleterre de la fin des seventies. Ian Curtis était la force motrice d’un peuple d’oubliés et de mal-aimés.


La beauté du film d’Anton Corbijn réside dans son noir et blanc contrasté. Le réalisateur néerlandais compose des images magnifiques, à la lumière froide, et à la profondeur sublime. Souvent, Corbijn nous donne l’impression d’être devant des photos. Les images très travaillées de son film sont composées de personnes prostrées ou regardant dans le vide. Les plans souvent fixes sont des natures mortes, composées de tension, de déprime et de défaite.


Excellemment placées dans le film, les scènes de concert montre un Curtis à la gestuelle robotique et néphrétique (il souffrait de crises d’épilepsie). La musique toujours aussi moderne de « Joy Division » se pose comme un gant de lin sur des images qu’on croirait sorties d’un documentaire de l’époque.


Corbijn était un photographe qui a suivi le groupe pendant une grande partie de sa courte carrière. Il ressort de son film, une nostalgie pour une rock star qui n’avait pas les épaules pour la vie qui se présentait à lui. Curtis malgré son talent n’avait pas un sou devant lui. Alors que ses compères, connaiteront fortune avec leur second groupe « New Order ». Curtis est mort jeune, pauvre, et tiraillé par deux amours. Et Corbjin s’attache à montrer l’ensemble des aspects de cette vie sans complaissance, ni misérabilisme.


A noter la performance remarquable du jeune Sam Riley dans le rôle de Curtis, et de Samantha Morton (déjà remarquable dans "le voyage de Morven Callard", et "Minority report") dans celui de sa femme Debbie.


Ce film très sombre est un hommage réussi à l’un des artistes majeurs de la dernière partie du 20ème siècle. « Joy Division » a marqué, plus que la musique des années 70. Ce groupe a créé un son unique, encore très fréquenté de nos jours (écoutez les dernières albums de groupes comme Interpol, The Editors). Et le film de Corbijn s’inscrit parfaitement dans l’ambiance de cette époque et ce son.


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Par Reivilo - Publié dans : Ciné
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Dimanche 7 octobre 2007 7 07 /10 /2007 22:11
"Tout est pardonné" est un film en trois temps. La première période se passe en Autriche, un couple vit une relation difficile et espère que son prochain déménagement sur Paris sauvera son histoire. Le second temps se déroule à Paris, Victor tombe dans la drogue et perd peu à peu sa compagne Annette et leur fille Pamela. La dernière époque se passe 11 ans plus tard, et Pamela de retour à Paris, redécouvre son père.

Ce premier film bouleversant est la bonne surprise du cinéma français de la rentrée. Si au début du film le récit s'assombrit à en devenir irrespirable, la dernière partie est d'une magnifique légèreté, d'une rare lumière, et d'une remarquable élégance. La scène géniale de la balade dans le parc est le plus beau résumé de ce moment.

La lumière de cette dernière partie est surtout portée par une jeune actrice Constance Rousseau. La réalisatrice (Mia Hansen-Love) a su choisir, une jeune femme qui rappelle la beauté et la fraicheur de Virginie Ledoyen. Le regard fuyant de la jeune femme donnant à son visage la grâce des grandes actrices. Le film gagne dès son apparition beaucoup de légèreté, les personnages à son contact se révèlent. La caméra semble incapable de se libérer de l'enchantement qu'est Constance Rousseau

 


"Tout est pardonné" est un film à la beauté subtile, aux silences grâcieux. Un vrai bonheur...
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Dimanche 28 octobre 2007 7 28 /10 /2007 16:44
Andrew Dominik a réalisé un western froid, crespuculaire et pétrifié. Si Clint Eastwood possède le talent pour qu'"Impitoyable" soit un chef d'oeuvre, Ce n'est malheureusement pas le cas du réalisateur de "L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford". Si les inspirations sont nobles, elles n'arrivent pas à la cheville de ses maitres (Malick et Eastwood en tête)

Le talent des acteurs permet de sauver l'entreprise de l'ennui le plus total. Brad Pitt prouve qu'il est plus que le bellâtre qu'il s'entêtait de jouer depuis plusieurs film, et Casey Affleck est en passe de devenir la fierté de la famille.

C'est rare quand je n'apprécie pas un western, ce fut le cas avec celui-ci.

Dommage !
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Dimanche 11 novembre 2007 7 11 /11 /2007 17:52
Le dernier film de David Cronenberg est un pur coup de génie. Le réalisateur canadien nous plonge dans une traversée sanglante du Londres de la Mafia Russe.

Tatiana, jeune prostituée Russe de 14 ans, meurt en donnant la vie à son bébé. Anna (Naomi Watts, superbe à jamais) infirmière qui a assisté à l'accouchement, vole le journal intime de l'adolescente. La traduction de ce dernier conduira la jeune femme entre les griffes d'un parrain Russe vivant à Londres.

Les promesses de l'ombre est un fil intense aux images captivantes et au rythme haletant. Les rôles principaux sont tous fabuleux, Viggo Mortensen est une nouvelle fois auteur d'une performance rare qui apporte au film, une puissance visuelle et graphique hors norme. Vincent Cassel sur un rôle casse-gueule s'en sort avec les honneurs. Et Armin Mueller-Stalh est impressionnant en parrain restaurateur bonhomme.

Laissez passer les première minutes du film qui sont très dures, et suivez cette histoire magnifique qui confirme une nouvelle fois le talent de narrateur, de metteur en scène de David Cronenberg.

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Vendredi 23 novembre 2007 5 23 /11 /2007 21:58

Le cinéma français de genre n’est plus qu’un vaste désert où quelques oasis apparaissent de temps en temps. « La chambre des morts » est l’une des plus raffraichissantes que l’on ait pu visiter ces derniers mois.


Le film est un thriller horrifique très proche du « silence des agneaux ». D’ailleurs le roman de Thomas Harris est clairement montré comme inspiration du film.


L’histoire de « la chambre des morts » se passe dans le nord de la France. Une jeune adolescente de 12 ans est retrouvée morte, assisse sur une chaise, habillée comme une poupée. Le kidnapper qui attendait la rançon de deux millions d’euros, voit le père de la victime se faire tuer devant ses yeux, par deux chauffards qui embarquent le corps du pauvre homme et l’argent. Débute alors l’enquête de police.


Les codes du genre sont parfaitement maîtrisés. La mise en image de l’horreur, les endroits glauques, les caves, la pièce du kidnapper est très réussie. Et le film sombre, haletant, violent, dérangeant ravira tous les amoureux des films à l’atmosphère suffocante. Ce qui renforce la réussite du film, c’est l’histoire parallèle des deux chauffards. Car Alfred LOT montre un Nord de la France dévasté économiquement. Ces deux hommes sont au chômage. Ils vivent dans des maisons en perpétuels travaux, sans confort moderne. La vie s’écoule entre journée d’ennui, soirées alcoolisées, et repas de famille. Mais ces deux amis iront jusqu’à l’irréparable pour conserver l’argent tombé entre leur main. Et lorsque vers la fin du film le conte morbide est rejoint par le film de faits divers social, le réalisateur donne une consistance à son œuvre que l’on a peu vu, ces derniers temps dans le cinéma français.


La distribution emmenée par Mélanie Laurent, véritable grand espoir du cinéma de chez nous, est l’une des forces du film. En plus de Mélanie Laurent en profiler (très Jodie Foster, mais mère célibataire de deux jeunes jumelles), il faut noter les performances du toujours très bon Eric Caravaca, et de la magnifique Céline Salette. Enfin quelques acteurs plus célèbres font des apparitions remarquables Fanny Cottençon (en mère nymphomane) et Jean-François Stévenin (en taxidermiste irrésistible).


Ne boudons pas notre plaisir de voir un bon film de genre français, espérons que « la chambre des morts » ne soit que la première pièce d’œuvres aussi réussies.

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Samedi 1 décembre 2007 6 01 /12 /2007 12:15
James Gray réalise un chef d'oeuvre du film noir. "La nuit nous appartient" raconte l'histoire de Bobby (Joachim Phoenix)  gérant d'une boite de nuit dans New-York de la fin des années 80. Ce dernier devra choisir entre les patrons de sa boite, chefs de la mafia russe, et sa famille, patron de la police des stupéfiants.

La force du film de James Gray réside dans des images splendides, hypnotiques. Certaines d'entre elles donnent sont des gravures mentales pour plusieurs jours (Eva Mendes en bustier, cigarette à la bouche, marchant dans un couloir). Des scènes sont écrites pour l'éternité (la poursuite en voiture sous la pluie, la fin dans les herbes hautes).

Gray maitrise sont histoire du début à la fin, fait commencer son film par une scène de sexe torride, enchaine en comparant la fête dans la boite rythmée par la musique de Blondie, et la fête endormie  pour la promotion d'un officier frère de Bobby (Mark Wahlberg). Et le rythme de son film ne tombera jamais, laissant le spectateur pantois devant un tel chef d'oeuvre.



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Dimanche 6 janvier 2008 7 06 /01 /2008 10:39
Début d'année, on commence avec un coup d'oeil dans le rétro. Je vous livre mon  top 10 de 2007 des films qui m'ont le plus touché.

Je suis allé 59 fois au cinéma, et je l'avoue les films américains tiennent une place importante dans mon classement car j'en ai vu 38 cette année. Ensuite, j'ai vu 13 films français, 5 anglais, 2 chinois et 1 japonnais.

Après Scorcese en 2006, c'est Cronenberg qui remporte ma petite palme en 2007.


1 - Les Promesses de l'ombre




David Cronenberg plonge dans le Londres de la Mafia Russe. Ce film magnifique porté par un Viggo Mortensen incroyable est le chef d'oeuvre de l'année 2008.





2 - Boulevard de la Mort




Quentin Tarantino revient à ses premières amours, cinéma d'exploitation, Dialogues au cordeau et scène d'anthologie. Le boulevard de la mort est un grand film d'un grand auteur

 


3 - La nuit nous appartient



James Gray réalise un magnifique film nourri et inspiré par le cinéma du nouvel hollywood des années 70.






4 - Les chansons d'amour


Christophe Honoré après son superbe "Dans Paris" revisite le film musical. "Les Chansons d'amour" est pour moi le meilleur film français de l'année, et je décerne mon césar de la meilleure actrice à Ludivine Sagnier.






5 - Zodiac



David Fincher habitué des films à gros budget (et un réalisateur qui ne m'a jamais beaucoup emballé) prouve avec Zodiac qu'il possède des qualités de narrateur plus intéressante que celles montrées dans seven ou fight club. Zodiac montre aussi les années 70 comme jamais au cinéma.




6 - Tout est pardonné



Premier film de la jeune réalisatrice Mia Hansen-Love. Tout est pardonné est un premier essai pas totalement réussi mais tellement vivant et empli d'espoir qu'il en est magnifique. Et comme je disais au moment de sa sortie l'essentiel c'est de filmer Constance (Constance Rousseau - Beauté absolue 2007).





7 - Control




Le film d'Anton Corbijn vaut surtout par ces images splendides, son noir et blanc au grain incroyable et à la performance de son acteur Sam Riley que par la vision angélique de la vie du chanteur de Joy Division.





8 - La Vengeance dans la peau



Dernier épisode de la trilogie de Bourne, La vengeance dans la peau réserve les plus belles scène d'action de l'année 2007.
 







9 - Hot Fuzz



Les anglais déglingués de Shaun of the Dead reviennent avec cette comédie endiablée.





10 - Persepolis



Adaptation très réussie de sa propre bande dessinée par Majane Satrapi.
 



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Lundi 14 janvier 2008 1 14 /01 /2008 19:15

« 30 jours de nuit » est l’une des grandes réussites du cinéma de genre horrifique de ces dernières années. Ce film parfaitement maîtrisé par son réalisateur (David Slade) bénéficie d’une mise en scène habile qui mélange effets sanguinolents et huis clos suffocants.


L’histoire est simple, un village d’Alaska vit un mois par an, sans voir le soleil. C’est ce moment précis de l’année, que choisit un groupe de vampires pour massacrer les habitants de cette petite bourgade. La petite troupe de survivants doit attendre la fin des 30 jours de nuit pour espérer la fin de cette horreur.


Après une première partie, au visuel somptueux, et à la narration parfaite, le réalisateur n’oublie pas qu’il est à la tête d’une production gore et nous donne à voir une scène de massacre vampirique extrêmement impressionnante. Ensuite, l’histoire bascule dans un réduit où les rares survivants, transformés en petites choses fragiles, seront obligés de vivre cachés, comme des lapins dans leur terrier pour échapper à leur prédateur. Les dernières images sont elles splendides à la limite de l’onirique et elles font basculer le film dans le panthéon des films de vampires.


Si vous avez le cœur bien accroché et que vous ne craignez pas de voir trop de litre de sang, je vous conseille d’allez voir « 30 jours de nuit », vous passerez un moment à vous glacer le sang.

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Jeudi 7 février 2008 4 07 /02 /2008 18:45

Le cinéma de frères Coën est composé de très haut, de très moyen et de très bas aussi (qui se souvient du pitoyable « Le grand saut »). Leur dernier film « no country … » est à classer à mes yeux parmi la première catégorie.


Début des années 80, au Texas, dans le désert, un homme tombe par hasard sur les restes fumant d’un gros échange de drogue qui a mal tourné. Parmi tous les cadavres, il trouve une valise remplie de billets de 100 dollars. Cet homme décide de garder l’argent, sachant parfaitement que sa tête sera mise à prix par les chasseurs de têtes de la mafia.


La première partie du film est magistrale. C’est un moment de cinéma parfait. L’odeur du désert, du sang, du bitume chaud se mélange à des images exaltant la beauté des paysages. Si « Impitoyable » de Clint Eastwood est le summum du western crépusculaire, « no country… » dans ces premières minutes, est la magnificence du western de la lumière.


Ensuite le film est atteint d’une maladie qui le rongera jusqu’à sa conclusion. Le dépit, la fatalité, les hasards du destin, la mélancolie dévore un par un les personnages du film. Tous sont atteints de ces symptômes, de façon latente au début, puis petit à petit le temps fait son œuvre d’érosion pour arriver à une fin connue de tous et souhaitée par certains. Seul le personnage joué par Javier Bardem est épargné par ce fléau. Car il est ce fléau. Il est ce mal qui dévore les âmes et les hommes. Il est la peur et la mort. Il est toutes nos craintes et la totalité des angoisses sur terre. Seule une jeune femme qui a tout perdu le mettra devant son propre désarroi.


Le frère Coën ont réussi deux films merveilleux en un, un western d’espace et de lumière qu’on osait plus espérer voir, et une fable sociale sur le lavage à la javel que provoque en nous notre peur de mourir et la mélancolie du passé.

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Mercredi 13 février 2008 3 13 /02 /2008 22:49
Voici une comédie euphorisante sur l'adolescence, petite merveille de cinéma qui me réconcilie avec les films indépendants US.

Lorsque quelques lourdeaux de la réalisation pensent qu'il faut quelques trucs et astuces pour faire un film sur la jeunesse (Zach Braff et son "state garden" si lourd alors que son personnage lunaire de scrubbs est aussi léger qu'un pop corn), Jason Reitman réussit une comédie magnifique qui portée par un casting époustouflant transporte le spectateur dans un petit monde merveilleux.

Juno, c'est l'histoire d'une adolescente de 16 ans qui se retrouve enceinte après son premier rapport sexuel. Incapable de se faire avorter, elle décide de garder l'enfant pour qu'il soit adopter par des parents stériles.

Bien sûr, Ellen Page est fabuleuse (elle est nommée au Oscar en face de notre brave Marion Cotillard) Cette adolescente est un univers, "je suis une planète" dit elle à un moment. C'est plutôt un soleil qui rayonne, qui fait graviter autour de lui des bonnes copines, des parents compréhensifs, des adultes vivant de rêve, un amoureux transi. Et tout cela foisonne d'un esprit pointu, d'un regard moderne sur la jeunesse, sur la féminité, sur l'amour (le scénario de la toute jeune, aussi, Diablo Cody est pour beaucoup).


Il faut aller voir Juno de toute urgence. Ce film redonne goût à la jeunesse pour des vieux schnoks de notre espèce, ce film est grandiose du début à la fin. La toujours splendide, Jennifer Gardner choisit enfin un bon rôle, comme quoi avec Juno tout arrive même l'impensable.
Par Reivilo - Publié dans : Ciné
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