"Valse avec Bachir" d'Ari Folman est un film choc.
D'abord, par son sujet, le film est un documentaire précis, fouillé et documenté sur les massacres de palestiniens dans les camps de Sabra et Chatila au coeur de la guerre du Liban qui ravagea
les années 80 du Moyen-Orient.
Ensuite, par se forme, c'est un film d'animation mélangeant des images de synthèse, du collage, de la monochromie (un jaune envoutant). Le mariage de l'ensemble de ces techniques est
splendide.
Enfin, par son genre, c'est un film de guerre très référencé "Apocalypse Now". Ari Folman dans plusieurs scènes montre son admiration pour le film de Francis Ford Coppola. Le tout donne l'un des
grands films de l'année 2008.
Je ne suis pas allé voir "Valse avec Bachiré par envie, j'y suis allé par curiosité. Toute la presse cinéma avait crié au
scandale au moment du palmarès de Cannes, car le film n'avait reçu aucun prix. Donc je suis allé voir l'oublié de Cannes. Et aujourd'hui, je ne regrette pas d'avoir été curieux. Je comprends les
cris de la presse. Cette plongée d'un réalisateur Israëlien dans la mémoire de son pays, dans sa propre mémoire est magistrale. Ari Folman reconstruit souvenir par souvenir, interview après
interview ce que son cerveau a enfoui en son plus profond. Et le mélange entre réalité, phantasmes et imaginaire est une grande leçon de cinéma. "Valse avec Bachir" est un chef d'oeuvre. Il
est indispensable à notre mémoire comme l'est "Nuit et Brouillard" d'Alain Resnais ou "Apocalypse Now" de Coppola. C'est un témoinage à voir impérativement.