Mardi 2 mai 2006 2 02 /05 /2006 20:43
"Jean-Philippe" est un film qui se pose la véritable question de nos vies, qui serais-je devenu si je n'avais pas abandonné mon rêve d'adolescent ? Et la réponse qu'apporte le film est intéressante car elle choisit de se concentrer sur la star de la musique française, notre Jojo national, l'idole, l'unique chanteur de rock hexagonal capable de remplir le stade de France. Cette réponse diffuse, confuse, envahit petit à petit le film jusqu'à en arriver à une conclusion très surprenante. Si nous abandonnons un jour nos rêves, le pire n'est pas pour nous, car nos vies connaitrons toujours des joies (enfants, amour), mais ce sont ceux qui nous entourent qui perdent le plus. Et si Johnny n'avait jamais existé, que seraient devenus ses fans. Et si Johnny n'avait pas existé que serait devenu le rock français. Le Jean-Philippe que l'on nous présente est un homme simple, qui aime son fils, traverse une crise sentimentale, a une jolie et jeune maitresse, et vit heureux dans son univers. Son rêve, il l'a laissé sur le bord de la route, il y a quarante ans. Aucune amertume ne traverse le regard de cet homme de soixante ans, il mène sa barque comme tout à chacun en ne pensant plus à celui qu'il ne sera jamais. Il faudra q'un autre, qu'un étranger à sa vie, qu'un homme perdu par la perte de son rêve le pousse, le porte, le tire pour qu'il devienne l'homme de son rêve d'adolescence et non l'homme de ses rêves d'homme.

Quelques jours après avoir vu "Jean-Philippe", je suis allé écouter Maxime Leforestier chanter Georges Brassens. Sur scène était un homme seul, talentueux interprête, connaissant sa star sur le bout des cordes de sa guitare. Ce chanteur de variété, bon musicien, guitariste talentueux et possédant une voix remarquable, voulait devenir Georges. Son rêve d'adolescent s'est envolé à San-Francisco contre une maison bleue, le hippie aimait Georges, chanteur d'une autre génération un peu macho, un peu graveleux, pas du tout folk, pas du tout herbe à pipe à eaux. Et maintenant du haut de ses 57 ans, Maxime ne joue plus que les chansons d'un autre, devant un public conquis, espérant être devant la réincarnation de cet autre si talentueux. Brassens était unique, même si tout le talent de Leforestier rend son spectacle magistral, le fait est que j'en suis sorti avec l'impression de sortir d'un musée, et non d'un lieu de musique vivante.
Par Reivilo - Publié dans : Ciné
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