
"Jean-Philippe" est un film qui se pose la véritable question de nos vies, qui serais-je devenu si je n'avais pas abandonné mon rêve d'adolescent ? Et la réponse qu'apporte le film est intéressante car elle choisit de se concentrer sur la star de la musique française, notre Jojo national, l'idole, l'unique chanteur de rock hexagonal capable de remplir le stade de France. Cette réponse diffuse, confuse, envahit petit à petit le film jusqu'à en arriver à une conclusion très surprenante. Si nous abandonnons un jour nos rêves, le pire n'est pas pour nous, car nos vies connaitrons toujours des joies (enfants, amour), mais ce sont ceux qui nous entourent qui perdent le plus. Et si Johnny n'avait jamais existé, que seraient devenus ses fans. Et si Johnny n'avait pas existé que serait devenu le rock français. Le Jean-Philippe que l'on nous présente est un homme simple, qui aime son fils, traverse une crise sentimentale, a une jolie et jeune maitresse, et vit heureux dans son univers. Son rêve, il l'a laissé sur le bord de la route, il y a quarante ans. Aucune amertume ne traverse le regard de cet homme de soixante ans, il mène sa barque comme tout à chacun en ne pensant plus à celui qu'il ne sera jamais. Il faudra q'un autre, qu'un étranger à sa vie, qu'un homme perdu par la perte de son rêve le pousse, le porte, le tire pour qu'il devienne l'homme de son rêve d'adolescence et non l'homme de ses rêves d'homme.