
Pour commencer cette petite tournée des festivals rock de l’été, direction Carhaix et ses « Vieilles Charrues ». Comme je ne pouvais pas y passer le week-end entier, le choix s’est porté sur la journée du vendredi. Les têtes d’affiche de la soirée était Placebo pour la partie rock, et Raphaël pour la partie chanson française.
Placebo est une machine incroyable à entendre et voir. Le groupe sur scène enchaîne avec une puissance sonore inouïe titres de son dernier album et singles des albums précédents. L’efficacité de l’ensemble est redoutable. Brian Molko possède un charisme inversement proportionnel à sa taille et arrive à lui seul à électriser les 50 000 personnes qui assistent au concert. C’est la quatrième fois que je vois Placebo dans des grands festivals, et à chaque fois j’en ressors avec le même sentiment, la machinerie est trop huilée, il manque un souffle, une vie à l’ensemble. A la fin de ces concerts, on a les jambes coupées comme à la sortie d’une grand huit, mais ce n’est qu’un manège avec une émotion fugace.
La bonne surprise du début de soirée fut les Grenoblois de Rhésus. Ce jeune trio vainqueur d’un concours de découverte organisé par les « Inrocks » a livré une prestation tout en contrôle, puissance, et rage. Le rock français peut s’enorgueillir de posséder dans ses rangs un groupe comme Rhésus, élevé avec la musique de Cure, et quelques vieux Bowie. Le concert fut un vrai plaisir, et beaucoup de ceux qui étaient présents aux débuts de soirée, racontaient ce moment aux retardataires. Signe à mes yeux de la qualité du concert.
Mais la véritable claque au sens propre du terme fut le concert de Didier Super. La réputation du bonhomme est sulfureuse, Télérama a écrit que son disque est le plus mauvais album de tous les temps. L’arrivée sur scène se fait avec une reprise de Johnny (Quelque chose de Tennessee) qui met une bonne claque aux mauvaises odeurs de la veille. Ensuite ce fou furieux enchaîne comme il peut des titres plus ou moins écrits, plus ou moins chantés, plus ou moins composés. Ces textes d’une drôlerie imparable sont à prendre à un degré qu’il faudrait inventer. On ne sait pas si on ait face à un lard ou un cochon. On hésite à monter sur scène pour frapper l’animal Eh ! Zizou vient lui mettre un coup de boule ! Mais il faut reconnaître que ce petit con est capable de donner les derniers concerts punk de France. Et rien que pour cela merci Didier.
Nous n’avons ni vu Raphaël, ni Diam’s. Nous avons écouté de loin Shout out louds, Deus, mais c’était l’heure de bonnes bières entre potes. Nous avons regardé un bon Tiersen, mais nos corps commencaient à souffrir de la fatigue, et lorsque nous avons quitté Eppilihp, il semblait lui aussi bien fatigué. La semaine prochaine, je vais voir une triplette de pachydermes dans le nord de la Mayenne.
Je mets en lien le site de Didier Super, et comme dit le site « faut mieux en rire que s’en foutre ». Eloignez les enfants SVP