Mercredi 2 août 2006
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Janvier ; Minuit ; Je fuis
Nantes ; la nuit ; Je fuis
Le froid écrase ma tête
De l'obscur, une voix m'arrête
"T'as du feu ?" comme à une bête
Malgré le gel, je lève la tête,
Un visage laiteux au nez rougi
Une bouche mince aux lèvres noircies
Je fixe mon regard sur ce faciès
Je bloque, figé, par sa délicatesse
J'essaye un sourire, pas d'assurance
J'essaye un sourire, rictus de souffrance
Elle n'a qu'un oeil, l'autre effacé
Comme un pauvre con, je suis gêné
Elle n'a qu'un oeil, l'autre masqué
Une orbite sombre, sous voile nacré
Son oeil foudroie mon air scrutateur
Elle méprise mon regard de fouineur
Je ne suis pas Ulysse, devant Polyphème
Je n'ai ni vin, ni ruse, ni stratagème
Je rougis comme le con que je suis
J'ai perdu l'approche, je cherche un répit
"Alors t'as du feu, au lieu de mater !"
"Non ?", elle est partie sans se retourner
Par Reivilo
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Publié dans : Poésie
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