Ciné

Lundi 27 mars 2006

Une petite troupe de malfrats sème la terreur dans l’Italie des années de plomb. Tel est l’histoire du dernier film de Michele Placido. Le film est efficace, très efficace même. Par moment, j’avais l’impression d’être devant un bon film US, façon HEAT ou les Affranchis. Les héros grandissent, prennent le pouvoir, assassinent, vivent la nuit, jouent, s’aiment, et s’assassinent dans une spirale incroyable. Le jeu des acteurs permet de donner une grande crédibilité à l’œuvre (Anna mouglalis (hyep c’est une nantaise, Pierfrancesco Favino en tête). Les chassés-croisés entre les truands et les policiers font avancer le film comme une enquête que l’on sait perdu d’avance alors que nous avons toutes les pièces entre nos mains. Et les quelques ralentissements sont faits pour créer des parenthèses trop rares dans la vie de ses terreurs. Mais, si la réalisation est excellente, les acteurs tous très bons, l’histoire bien menée, le gros reproche que l’on peut faire à ce film, c’est qu’il nous montre pas cette Italie qui saigne, (l’idée des images d’archive est bonne, mais elle ne crée pas de lien avec le quotidien des personnages). Le moment choisi n’a qu’une importance de fond historique, mais les motivations de cette troupe semblent sans rapport avec ce qui ce passe à cette époque. En fait, il faut regretter que l’idée du film soit de montrer un groupe de malfrat, et non un groupe de malfrat des années de plomb.

http://www.romanzocriminale.it/
Par Reivilo
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Mardi 2 mai 2006
"Jean-Philippe" est un film qui se pose la véritable question de nos vies, qui serais-je devenu si je n'avais pas abandonné mon rêve d'adolescent ? Et la réponse qu'apporte le film est intéressante car elle choisit de se concentrer sur la star de la musique française, notre Jojo national, l'idole, l'unique chanteur de rock hexagonal capable de remplir le stade de France. Cette réponse diffuse, confuse, envahit petit à petit le film jusqu'à en arriver à une conclusion très surprenante. Si nous abandonnons un jour nos rêves, le pire n'est pas pour nous, car nos vies connaitrons toujours des joies (enfants, amour), mais ce sont ceux qui nous entourent qui perdent le plus. Et si Johnny n'avait jamais existé, que seraient devenus ses fans. Et si Johnny n'avait pas existé que serait devenu le rock français. Le Jean-Philippe que l'on nous présente est un homme simple, qui aime son fils, traverse une crise sentimentale, a une jolie et jeune maitresse, et vit heureux dans son univers. Son rêve, il l'a laissé sur le bord de la route, il y a quarante ans. Aucune amertume ne traverse le regard de cet homme de soixante ans, il mène sa barque comme tout à chacun en ne pensant plus à celui qu'il ne sera jamais. Il faudra q'un autre, qu'un étranger à sa vie, qu'un homme perdu par la perte de son rêve le pousse, le porte, le tire pour qu'il devienne l'homme de son rêve d'adolescence et non l'homme de ses rêves d'homme.

Quelques jours après avoir vu "Jean-Philippe", je suis allé écouter Maxime Leforestier chanter Georges Brassens. Sur scène était un homme seul, talentueux interprête, connaissant sa star sur le bout des cordes de sa guitare. Ce chanteur de variété, bon musicien, guitariste talentueux et possédant une voix remarquable, voulait devenir Georges. Son rêve d'adolescent s'est envolé à San-Francisco contre une maison bleue, le hippie aimait Georges, chanteur d'une autre génération un peu macho, un peu graveleux, pas du tout folk, pas du tout herbe à pipe à eaux. Et maintenant du haut de ses 57 ans, Maxime ne joue plus que les chansons d'un autre, devant un public conquis, espérant être devant la réincarnation de cet autre si talentueux. Brassens était unique, même si tout le talent de Leforestier rend son spectacle magistral, le fait est que j'en suis sorti avec l'impression de sortir d'un musée, et non d'un lieu de musique vivante.
Par Reivilo
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Vendredi 2 juin 2006

La différence n’a de valeur que si on l’accepte. Et l’acceptation de cette différence doit être vécue par l’individu, comme une nécessité dans une société normalisée. Dans le film X-Men 3, les mutants sont confrontés à percevoir leurs pouvoirs, comme une maladie ou une chance. Et chacun d’entre eux devra se positionner pour savoir si il souhaite ou non conserver ce qui fait sa différence. Le film pousse cette réflexion à l’extrême en ce questionnant sur le fait que si nous ne correspondons pas à la norme, sommes nous malades ou sommes nous des monstres.

D’ailleurs les évolutions technologiques du cinéma permettent de réaliser et de filmer les choses les plus folles. Et aujourd’hui, l’image de synthèse, devenue la norme du cinéma de science-fiction, est le vecteur d’une image réaliste du monstre (nous ne sommes plus dans FREAKS) et cette réalité virtuelle influence la perception réelle de la normalité.

Il reste que les X-men 3 est un film aux images éblouissantes et aux scènes d’action grandement menées. Le souffle de la série lancée par Brian Singer n’est pas tombé et le cinéma hollywoodien est toujours capable de revenir à la source de sa création, montrer des personnages de cirque.

Par Reivilo
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Samedi 3 juin 2006
Le cinéma de Sofia Copolla est un rêve éveillé. La jeune réalisatrice est capable de réunir dans un film de deux heures, les plus beaux moments du cinéma moderne. On vibre à chacune de ces images. Et si la filiation avec Copolla le vieux est plus que de l'héritage, Terrence Mallick, Stanley Kubrick, Douglas Sirk semblent défiler derrière la caméra tant la mise en scènes, en images et en sons du film est parfait. On pourra reprocher au scénario d'être déconnecté du moment historique. Il n'en reste que c'est l'un des plus beau portrait de femme que j'ai vu au cinéma depuis le film (portrait de femme) de Jane Campion avec Nicole Kidman. C'était il y a dix ans, souhaitons la même réussite à la réalisatrice et l'actrice.
Par Reivilo
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Jeudi 8 juin 2006
Une femme dont la fille tue son père va être confrontée au retour fantomatique de sa mère qu'elle croyait morte dans un incendie. Voici comment on peut résumé en quelques mots, Volver, le nouveau film de Pedro Almodovar. Le cinéaste espagnol, toujours très en forme, continue de ravir ses spectateurs avec des oeuvres à la mise en scène légère, aux couleurs pleine de soleil, et grâce à des histoires sensibles, humaines, passant du rire aux larmes. Et dans cette veine, Volver, est une véritable réussite. Le casting presque entièrement féminin est parfait, Penelope Cruz en tête (on en vient à regretter ses escapades Hollywoodiennes). La folie, aussi décoiffante qu'un coup de vent, revient avec force dans le cinéma du maitre ibérique. Et, on se laisse embarquer dans cette enchevetrement de couleurs et de passions aussi consentant et ravi que les pleureuses des cimetières d'Espagne.
Par Reivilo
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Dimanche 25 juin 2006
                                         

De l’épouvante éprouvante, voici comment on peut résumer le film d’Alexandre Aja. Ce jeune réalisateur français réussit un film de genre respectant l’ensemble des codes nécessaires au plaisir des spectateurs du cinéma gore. Bien sûr, c’est sanguinolent et les yeux les plus sensibles seront choqués par ces scènes d’attaque à la hache, de chien meurtrier, et de monstres hideux frappés par la malédiction atomique. Mais le film de Aja vaut surtout par une mise en scène travaillée, efficace, qui crée rapidement un atmosphère d’angoisse. La scène de l’attaque de la caravane, appelée à devenir un classique du cinéma de genre, est filmée et montée avec une intelligence rare, prenant le spectateur à la gorge, elle ne le lâchera que lorsqu’il aura versé une larme. Il faut noter, aussi, une distribution remarquable, la jeune mère de Lost (Emilie de Ravin) y campe une jeune bimbo US qui réserve la plus belle surprise du film.

Si les survival movies sont souvent des films claustrophobes, où les personnages s’enferment dans des lieux de plus en plus restreints pour échapper à leur prédateur, ici la situation est l’inverse, c’est l’immensité du désert qui sert de meilleur abri, que ce soit pour les dégénérés mangeurs de chaire humaine ou les pauvres touristes égarés chassés comme des lapins. « La colline a des yeux » est un très bon film, qui prouve la vivacité (même si c’est un remake) du cinéma d’épouvante.


 

Par Reivilo
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Dimanche 2 juillet 2006

Après 25 premières minutes rondement menées, où comme pour chaque film catastrophe, la présentation des personnages, les relations qui se créent entre tous, et la catastrophe en elle même sont les moments les plus réussis du film, le reste n’est pas à la hauteur de se début en trombe (d’eau).

Wolfgang Petersen (Troie, Alerte, l’histoire sans fin) nous sert un film qui se résume à un enchaînement d’épreuves de survie où la troupe de survivants s’amenuisera au fur et à mesure.

 

Si on ne peut rien reprocher à la mise en scène (efficace), au jeu des acteurs (Kurt Russel, robert Dreyfuss, Mia Maestro..), au trucage numérique (ne retenir que la déferlante), le film n’est pas une réussite de film de genre. On est devant un spectacle tiède ni chaud ni froid.
Par Reivilo
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Dimanche 16 juillet 2006

Il est des films plein de bonnes idées qui ne passent pas l’épreuve de l’image. « Avril », pour moi fait partie de cette catégorie. Une mise en scène paresseuse, un scénario bancal, et un dernier quart d’heure proche du ridicule font que l’on n'adhère jamais à cette histoire de novice qui retrouve son frère jumeau, dont elle ignorait l’existence, quelques jours avant de prononcer ses vœux.

En revanche, il faut noter la performance des trois acteurs masculins (Duvauchelle en tête) et le retour à l’écran de Miou-Miou qui nous fait regretter son oubli petit à petit des grandes productions françaises.

Mais surtout, il faut se réjouir de voir à l’écran la rare Sophie Quinton. Rare, car sa filmographie tient sur quelques lignes. Rare, car sa présence angélique transforme chacun de ses films en expérience charnelle. Rare, car cette jeune actrice a une beauté céleste, de celle qui n’est accordée qu’au princesse de conte de fée. Sophie Quinton transcende chaque moment de ce non-film. Il faut espérer la revoir de nouveau, comme dans « Qui a tué Bambi ? » dans un film à la hauteur de ses talents.
Par Reivilo
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Samedi 12 août 2006
Une jeune pianiste échoue au concours d'entrée au conservatoire, par la faute d'un membre du jury. Une célèbre pianiste qui signe un autographe pendant le morceau de l'enfant.

Le film raconte la vengeance que va mener cette enfant devenue jeune femme en contre cette pianiste. Ce qui fait la force de ce film, c'est que petit à petit l'histoire de vengeance est dépassée par le désir naissant entre les deux femmes. Le réalisateur s'attache à opposer les deux personnages. L'une est froide, avec un visage d'ange, et une jeunesse victorieuse. L'autre est rongée par le trac, embourgeoisée dans son manoir de campagne, et dissimule toutes ses souffrances dérrières des tonnes de bien séance.

La performance de la jeune actrice (Déborah François) est remarquable, elle donne à elle seule le rythme, la couleur, et la froideur du film. Et son visage angélique nous laisse espérer d'autres apparitions toutes aussi troublantes.

J'ai bien aimé ce film, qui assume son classicisme, mais laisse suffisamment de place à ses actrices pour nous narrer une bonne histoire de vengeance (froide).

Par Reivilo
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Samedi 26 août 2006

Petite précision, je suis fan du cinéma de Mickaël Mann. Son style et ses films me fascinent : les plans grandioses pour « le dernier des Mohicans » ; la direction d'acteurs dans « Heat » ; les images quasi subliminales de « Révélations » et le souffle nocturne de « Collatéral ». Et comme tous les fans, c'est avec une petite crainte que je suis allé voir « Miami Vice ». A la sortie de la salle, c'est le soulagement. Le film est bon, le constat est positif.

D'abord, les images sont magnifiques, Mann peint des paysages nocturnes aux couleurs fantasmagoriques. Miami y est présentée comme un ville fonctionnant uniquement la nuit, le vice, la drogue, les armes reignent sur la cité floridienne. Pour moi, M. Mann est l'un des seuls cinéastes avec Johnny To (The Mission) à connaître le rythme précis à donner à toutes ses scènes (voir les deux ou trois secondes où l'esprit de Sonny s'évade en regardant par la fenêtre pendant l'interrogatoire d'un brigand local). Le montage est précis. Le tempo est réglé comme une partition parfaite. Techniquement, M. Mann est un maître.

Le scénario qui aurait pu s'enlisser dans une histoire de trafic de drogue sans relief, est magnifié par une romance entre le bon policier et la mauvaise femme d'affaire. L'escapade des héros à Cuba donne beaucoup de légèreté et pose les bases dramatiques pour la suite de l'histoire.

Enfin, les distribution est remarquable. Colin Farrel est un Sonny plus vrai que nature. Une mention aussi pour Gong Li, en femme d'affaire manipulée par ses amants.

Le mot de la fin revient à Sébastien avec qui je suis allé voir le film. Se moquant de ma barbiche naissante, il m'a dit en rigolant de mon embonpoint : « toi, t'es plus colinne que Farell ».

Par Reivilo
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