Une petite troupe de malfrats sème la terreur dans l’Italie des années de plomb. Tel est l’histoire du dernier film de Michele Placido. Le film est efficace, très efficace même. Par moment, j’avais l’impression d’être devant un bon film US, façon HEAT ou les Affranchis. Les héros grandissent, prennent le pouvoir, assassinent, vivent la nuit, jouent, s’aiment, et s’assassinent dans une spirale incroyable. Le jeu des acteurs permet de donner une grande crédibilité à l’œuvre (Anna mouglalis (hyep c’est une nantaise, Pierfrancesco Favino en tête). Les chassés-croisés entre les truands et les policiers font avancer le film comme une enquête que l’on sait perdu d’avance alors que nous avons toutes les pièces entre nos mains. Et les quelques ralentissements sont faits pour créer des parenthèses trop rares dans la vie de ses terreurs. Mais, si la réalisation est excellente, les acteurs tous très bons, l’histoire bien menée, le gros reproche que l’on peut faire à ce film, c’est qu’il nous montre pas cette Italie qui saigne, (l’idée des images d’archive est bonne, mais elle ne crée pas de lien avec le quotidien des personnages). Le moment choisi n’a qu’une importance de fond historique, mais les motivations de cette troupe semblent sans rapport avec ce qui ce passe à cette époque. En fait, il faut regretter que l’idée du film soit de montrer un groupe de malfrat, et non un groupe de malfrat des années de plomb.

"Jean-Philippe" est un film qui se pose la véritable question de nos vies, qui serais-je devenu si je n'avais pas abandonné mon rêve d'adolescent ? Et la réponse qu'apporte le film est intéressante car elle choisit de se concentrer sur la star de la musique française, notre Jojo national, l'idole, l'unique chanteur de rock hexagonal capable de remplir le stade de France. Cette réponse diffuse, confuse, envahit petit à petit le film jusqu'à en arriver à une conclusion très surprenante. Si nous abandonnons un jour nos rêves, le pire n'est pas pour nous, car nos vies connaitrons toujours des joies (enfants, amour), mais ce sont ceux qui nous entourent qui perdent le plus. Et si Johnny n'avait jamais existé, que seraient devenus ses fans. Et si Johnny n'avait pas existé que serait devenu le rock français. Le Jean-Philippe que l'on nous présente est un homme simple, qui aime son fils, traverse une crise sentimentale, a une jolie et jeune maitresse, et vit heureux dans son univers. Son rêve, il l'a laissé sur le bord de la route, il y a quarante ans. Aucune amertume ne traverse le regard de cet homme de soixante ans, il mène sa barque comme tout à chacun en ne pensant plus à celui qu'il ne sera jamais. Il faudra q'un autre, qu'un étranger à sa vie, qu'un homme perdu par la perte de son rêve le pousse, le porte, le tire pour qu'il devienne l'homme de son rêve d'adolescence et non l'homme de ses rêves d'homme.
Le cinéma de Sofia Copolla est un rêve éveillé. La jeune réalisatrice est capable de réunir dans un film de deux heures, les plus beaux moments du cinéma moderne. On vibre à chacune de ces images. Et si la filiation avec Copolla le vieux est plus que de l'héritage, Terrence Mallick, Stanley Kubrick, Douglas Sirk semblent défiler derrière la caméra tant la mise en scènes, en images et en sons du film est parfait. On pourra reprocher au scénario d'être déconnecté du moment historique. Il n'en reste que c'est l'un des plus beau portrait de femme que j'ai vu au cinéma depuis le film (portrait de femme) de Jane Campion avec Nicole Kidman. C'était il y a dix ans, souhaitons la même réussite à la réalisatrice et l'actrice.
Une femme dont la fille tue son père va être confrontée au retour fantomatique de sa mère qu'elle croyait morte dans un incendie. Voici comment on peut résumé en quelques mots, Volver, le nouveau film de Pedro Almodovar. Le cinéaste espagnol, toujours très en forme, continue de ravir ses spectateurs avec des oeuvres à la mise en scène légère, aux couleurs pleine de soleil, et grâce à des histoires sensibles, humaines, passant du rire aux larmes. Et dans cette veine, Volver, est une véritable réussite. Le casting presque entièrement féminin est parfait, Penelope Cruz en tête (on en vient à regretter ses escapades Hollywoodiennes). La folie, aussi décoiffante qu'un coup de vent, revient avec force dans le cinéma du maitre ibérique. Et, on se laisse embarquer dans cette enchevetrement de couleurs et de passions aussi consentant et ravi que les pleureuses des cimetières d'Espagne.
Une jeune pianiste échoue au concours d'entrée au conservatoire, par la faute d'un membre du jury. Une célèbre pianiste qui signe un autographe pendant le morceau de l'enfant.
Petite précision, je suis fan du cinéma de Mickaël Mann. Son style et ses films me fascinent : les plans grandioses pour « le dernier des Mohicans » ; la direction d'acteurs dans « Heat » ; les images quasi subliminales de « Révélations » et le souffle nocturne de « Collatéral ». Et comme tous les fans, c'est avec une petite crainte que je suis allé voir « Miami Vice ». A la sortie de la salle, c'est le soulagement. Le film est bon, le constat est positif.