Welcome
Un jeune Kurde arrive à Calais. Il essaye de traverser à l'aide de passeurs la manche pour aller rejoindre sa petite amie en Angleterre. Il échoue. Il décide donc de tenter le passage par la mer à la nage. Il s'entraine chaque jour à la piscine municipal où il se liera d'amitié avec le maitre nageur.
Ce film qui a fait polémique jusqu'à notre ministre de l'identité nationale mérite-t-il le bruit qu'il génère ?

Si on ne s'attarde que sur l'aspect cinématographique. On peut apprécier le style de Lioret, sa recherche des êtres perdus, le goût pour les plages désertes, et la justesse de sa mise en scène. Néanmoins, le film est très alourdi par l'histoire d'amour ratée entre lr maître nageur (Vincent Lindon - homme dans tous les domaines) et une prof d'anglais, bénévole humanitaire (Audrey Dana - un peu légère devant un tel acteur). Et cette lourdeur pénalise grandement le film lui faisant perdre intensité et vision sociale.
En revanche si on s'attarde sur l'aspect politique de l'œuvre, Lioret traite avec un respect énorme ses personnages. Il montre la difficulté humaine de l'accueil, le partage. Il montre la répression, le goût du tout sécuritaire et du tout contrôlé de certains aspects de nos sociétés occidentales. Il effleure aussi, la difficulté de la jeunesse musulmane (pays en guerre, autorité paternelle, mariage arrangé). Mais surtout Lioret est beaucoup trop pessimiste ne croyant pas plus dans une bascule de nos craintes, ni dans l'humanité des bénévoles.
"Welcome" est l'un des films les plus rageant de l'année. Car si on a envie de maudire une autorité qui inculpe (sans les punir, on a compris ) des citoyens pour assistance à personne en situation irrégulière, on en ressort en pensant que nous sommes tous plus coupable que ceux qui sont là pour nous contrôler. Et cela j'ai du mal à l'avaler.