Miossec
Mon petit MC,
Notre conversation de l'après-midi était un beau désaccord. Et le but de ce petit texte n'est pas de te convaincre de la beauté des chansons de Miossec. Car chez lui, on ne vient pas pour la beauté, mais pour l'âpreté. La réalité de ce chanteur est sèche, rêche. Elle t'attrape comme la grippe te colle au lit. La beauté, il la laisse aux autres (Benabar).
Miossec, je l'ai découvert comme beaucoup en 1996. Je me suis pris un coup de poing dans l'estomac ("Regarde un peu la France"). Et il fallait voir l'état de la chanson française de l'époque. Enfin, une poignée de chansons qui ne ressemblait à rien de connu. A la fin de la première écoute, c'était comme si je m'étais pris un coup de marteau sur le front.
Ensuite, il y eut deux albums où Miossec tenta de retrouver la hargne des premiers instants. Ce n'était pas toujours réussi mais quelques éclairs faisaient que l'orage n'était jamais loin ("Je plaisante", "Le mors aux dents", "Au haut du mât").
Puis "Brûle" est apparu. Rien de tel que la stratégie de la terre brulée pour tout remettre à plat. Les textes retrouvaient leurs crachats du début, la musique trouvait son ton, et l'artiste assumait enfin son talent. Miossec n'avait plus peur de lui, et vivait sa différence musicale avec plénitude. Les portes des deux albums majeurs qui allaient suivre s'ouvraient enfin. Sur "brûle", on ne peut rester insensible à "Tendre-S" ; "Dom-Tom" ; Le remarquable "Madame" ; "le défroqué" où le monstre est de retour ; "grandir" où il écrase toute la chanson française à texte sans épuiser une goutte de sueur.

Et vint "1964" où on pensait que Miossec venait d'atteindre son sommet. Un écoute de "je m'en vais" et je tombe à genoux. "Brest" est la plus belle déclaration d'amour faite à cette ville (C'est dire qu'il faut du courage). "Désolé pour la poussière" et son orchestration magistrale. "En quarantaine" tu devrais écouter cela te concernera bientôt, vieux (je sais que c'est bas, mais bon ;-) ). Et enfin, "Pentecôte" qui achève ce chef d'oeuvre qui est pour moi une borne, le repaire de la chanson des années 2000.
Enfin, le dernier acte est "l'Etreinte". Tu n'as pas aimé, cause de cette causerie. Mais cet album est magnifique (30 ans, la mélancolie, bonhomme).
Mais tu préfères Benabar. Je te comprends, dans la France des années 60, on préférait Charles Dumont à Jacques Brel. Il faut avouer que la joliesse des chansons de Dumont est supérieure à celle de Brel, que ce soit sur les paroles ou sur la musique. Mais sur le fond, le plus grand n'est pas le plus beau.
A bon entendeur....
Notre conversation de l'après-midi était un beau désaccord. Et le but de ce petit texte n'est pas de te convaincre de la beauté des chansons de Miossec. Car chez lui, on ne vient pas pour la beauté, mais pour l'âpreté. La réalité de ce chanteur est sèche, rêche. Elle t'attrape comme la grippe te colle au lit. La beauté, il la laisse aux autres (Benabar).
Miossec, je l'ai découvert comme beaucoup en 1996. Je me suis pris un coup de poing dans l'estomac ("Regarde un peu la France"). Et il fallait voir l'état de la chanson française de l'époque. Enfin, une poignée de chansons qui ne ressemblait à rien de connu. A la fin de la première écoute, c'était comme si je m'étais pris un coup de marteau sur le front.
Ensuite, il y eut deux albums où Miossec tenta de retrouver la hargne des premiers instants. Ce n'était pas toujours réussi mais quelques éclairs faisaient que l'orage n'était jamais loin ("Je plaisante", "Le mors aux dents", "Au haut du mât").
Puis "Brûle" est apparu. Rien de tel que la stratégie de la terre brulée pour tout remettre à plat. Les textes retrouvaient leurs crachats du début, la musique trouvait son ton, et l'artiste assumait enfin son talent. Miossec n'avait plus peur de lui, et vivait sa différence musicale avec plénitude. Les portes des deux albums majeurs qui allaient suivre s'ouvraient enfin. Sur "brûle", on ne peut rester insensible à "Tendre-S" ; "Dom-Tom" ; Le remarquable "Madame" ; "le défroqué" où le monstre est de retour ; "grandir" où il écrase toute la chanson française à texte sans épuiser une goutte de sueur.

Et vint "1964" où on pensait que Miossec venait d'atteindre son sommet. Un écoute de "je m'en vais" et je tombe à genoux. "Brest" est la plus belle déclaration d'amour faite à cette ville (C'est dire qu'il faut du courage). "Désolé pour la poussière" et son orchestration magistrale. "En quarantaine" tu devrais écouter cela te concernera bientôt, vieux (je sais que c'est bas, mais bon ;-) ). Et enfin, "Pentecôte" qui achève ce chef d'oeuvre qui est pour moi une borne, le repaire de la chanson des années 2000.
Enfin, le dernier acte est "l'Etreinte". Tu n'as pas aimé, cause de cette causerie. Mais cet album est magnifique (30 ans, la mélancolie, bonhomme).
Mais tu préfères Benabar. Je te comprends, dans la France des années 60, on préférait Charles Dumont à Jacques Brel. Il faut avouer que la joliesse des chansons de Dumont est supérieure à celle de Brel, que ce soit sur les paroles ou sur la musique. Mais sur le fond, le plus grand n'est pas le plus beau.
A bon entendeur....
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