La chambre des morts
Le cinéma français de genre n’est plus qu’un vaste désert où quelques oasis apparaissent de temps en temps. « La chambre des morts » est l’une des plus raffraichissantes que l’on ait pu visiter ces derniers mois.

Le film est un thriller horrifique très proche du « silence des agneaux ». D’ailleurs le roman de Thomas Harris est clairement montré comme inspiration du film.
L’histoire de « la chambre des morts » se passe dans le nord de la France. Une jeune adolescente de 12 ans est retrouvée morte, assisse sur une chaise, habillée comme une poupée. Le kidnapper qui attendait la rançon de deux millions d’euros, voit le père de la victime se faire tuer devant ses yeux, par deux chauffards qui embarquent le corps du pauvre homme et l’argent. Débute alors l’enquête de police.
Les codes du genre sont parfaitement maîtrisés. La mise en image de l’horreur, les endroits glauques, les caves, la pièce du kidnapper est très réussie. Et le film sombre, haletant, violent, dérangeant ravira tous les amoureux des films à l’atmosphère suffocante. Ce qui renforce la réussite du film, c’est l’histoire parallèle des deux chauffards. Car Alfred LOT montre un Nord de la France dévasté économiquement. Ces deux hommes sont au chômage. Ils vivent dans des maisons en perpétuels travaux, sans confort moderne. La vie s’écoule entre journée d’ennui, soirées alcoolisées, et repas de famille. Mais ces deux amis iront jusqu’à l’irréparable pour conserver l’argent tombé entre leur main. Et lorsque vers la fin du film le conte morbide est rejoint par le film de faits divers social, le réalisateur donne une consistance à son œuvre que l’on a peu vu, ces derniers temps dans le cinéma français.
La distribution emmenée par Mélanie Laurent, véritable grand espoir du cinéma de chez nous, est l’une des forces du film. En plus de Mélanie Laurent en profiler (très Jodie Foster, mais mère célibataire de deux jeunes jumelles), il faut noter les performances du toujours très bon Eric Caravaca, et de la magnifique Céline Salette. Enfin quelques acteurs plus célèbres font des apparitions remarquables Fanny Cottençon (en mère nymphomane) et Jean-François Stévenin (en taxidermiste irrésistible).
Ne boudons pas notre plaisir de voir un bon film de genre français, espérons que « la chambre des morts » ne soit que la première pièce d’œuvres aussi réussies.