No country for old man

Publié le par Reivilo

Le cinéma de frères Coën est composé de très haut, de très moyen et de très bas aussi (qui se souvient du pitoyable « Le grand saut »). Leur dernier film « no country … » est à classer à mes yeux parmi la première catégorie.


Début des années 80, au Texas, dans le désert, un homme tombe par hasard sur les restes fumant d’un gros échange de drogue qui a mal tourné. Parmi tous les cadavres, il trouve une valise remplie de billets de 100 dollars. Cet homme décide de garder l’argent, sachant parfaitement que sa tête sera mise à prix par les chasseurs de têtes de la mafia.


La première partie du film est magistrale. C’est un moment de cinéma parfait. L’odeur du désert, du sang, du bitume chaud se mélange à des images exaltant la beauté des paysages. Si « Impitoyable » de Clint Eastwood est le summum du western crépusculaire, « no country… » dans ces premières minutes, est la magnificence du western de la lumière.


Ensuite le film est atteint d’une maladie qui le rongera jusqu’à sa conclusion. Le dépit, la fatalité, les hasards du destin, la mélancolie dévore un par un les personnages du film. Tous sont atteints de ces symptômes, de façon latente au début, puis petit à petit le temps fait son œuvre d’érosion pour arriver à une fin connue de tous et souhaitée par certains. Seul le personnage joué par Javier Bardem est épargné par ce fléau. Car il est ce fléau. Il est ce mal qui dévore les âmes et les hommes. Il est la peur et la mort. Il est toutes nos craintes et la totalité des angoisses sur terre. Seule une jeune femme qui a tout perdu le mettra devant son propre désarroi.


Le frère Coën ont réussi deux films merveilleux en un, un western d’espace et de lumière qu’on osait plus espérer voir, et une fable sociale sur le lavage à la javel que provoque en nous notre peur de mourir et la mélancolie du passé.

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Publié dans Ciné

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